Coca Cola: la Belgique libère certains produits

BRUXELLES (AFP) - Jeu 17 Jui 99 - La Belgique a permis jeudi soir la remise sur le marché de marques annexes du groupe Coca-Cola, mais continue à interdire l'essentiel de la production de la multinationale américaine sur son territoire.

Selon un communiqué du ministère de la Santé publique, il n'est toujours "pas possible d'expliquer de manière apaisante et satisfaisante" les symptômes présentés par quelque 100 personnes qui ont bu du Coca-Cola en Belgique, et qui ont dû recevoir des soins.

Les produits que Coca-Cola peut remettre sur le marché en raison de "l'absence de plaintes" ou de "plaintes très vagues" sont les boissons Nestea, Aquarius, Bonaqua, Kinley, Lift et Minute Maid.

En revanche, les boissons suivantes restent toujours interdites, quelque soit leur le conditionnement: Coca-Cola, Coca-Cola Light, Coca-Cola sans caféine, Coca-Cola Light sans caféine, Fanta Orange, Fanta Light, Fanta citron, Sprite et Sprite Light.

Coca-Cola doit "retirer tous ces produits du commerce et les détruire" et mettre "hors d'usage" les distributeurs automatiques qui restent "interdits".

Le ministère de la Santé publique reconnait cependant que la "corrélation" entre la consommation de produits de la société Coca-Cola et l'hémolyse, soit la destruction de globules rouges relevée dans certains cas de malaises, "n'est pas démontrée".

Coca-Cola s'est engagé à rembourser tous les frais médicaux si la preuve est apportée que les malaises, qui ont touché plusieurs centaines de personnes en Belgique, en France et au Luxembourg, sont causés par l'absorption de boissons de Coca-Cola.

Depuis lundi, les produits Coca-Cola ont été progressivement retirés de la vente, totalement ou partiellement selon les pays, en Belgique, puis au Luxembourg, aux Pays-Bas et en France, à la suite d'une série de malaises survenus chez des personnes, en majorité des jeunes, ayant consommé du Coca-Cola.

Dernier pays en date, la France où les secrétariats d'Etat concernés (consommation, budget, santé) ont signé mercredi un arrêté imposant le retrait des canettes de quatre boissons (Coca-Cola, Coca-Cola Light, Sprite et Fanta) produites dans l'usine de Dunkerque (nord) pour le marché belge, mais susceptibles d'avoir été réintroduites en France.

La production de l'usine de Dunkerque, qui approvisionne principalement la France, la Belgique et les Pays-Bas, est réduite d'environ 75% depuis mercredi matin, a indiqué dans la journée le directeur de l'usine.

L'Arabie Saoudite a décidé mercredi de suspendre l'importation des produits du groupe américain Coca-Cola de Belgique. Ryad avait déjà suspendu la semaine dernière l'importation de viande, de poulet et d'oeufs belges, en raison des risques de contamination à la dioxine.

En Espagne, plus de 60.000 canettes de Coca-Cola importées de Belgique ont été saisies, a indiqué jeudi le ministère espagnol de la Santé et de l'Alimentation.

Des saisies et contrôles des produits Coca-Cola ont également eu lieu mercredi dans plusieurs régions d'Allemagne, pour la deuxième journée consécutive.

Quant à la compagnie maritime finlandaise Silja Line, elle a annoncé jeudi le retrait de toutes les canettes de Coca-Cola importées de France et des Pays-Bas, qui étaient en vente sur ses ferries à destination de l'Allemagne et de l'Estonie.

La direction de Coca-Cola Belgium avait annoncé mardi avoir identifié avec "certitude" l'origine des malaises: un problème de gaz carbonique à l'usine d'Anvers (nord de la Belgique), et à l'usine de Dunkerque l'usage de palettes de bois imprégnées d'un produit fongicide pour transporter les canettes de boissons.

Le gaz carbonique (CO2) livré à l'usine Coca-Cola d'Anvers "ne présentait aucune anomalie", a pourtant déclaré jeudi à une radio belge un porte-parole de l'entreprise suédoise Aga Gas, fournisseur de l'usine belge.

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