Coca-Cola: le gouvernement français s'entoure de précautions

PARIS, 21 juin (AFP) - Le groupe Coca-Cola s'est payé lundi des pleines pages de publicité pour convaincre de la qualité "irréprochable" de ses boissons, tandis que le gouvernement français attendait prudemment le résultat d'analyses complémentaires.

Le maintien ce week-end par la France des mesures de sécurité sur la consommation des cannettes de Coca-Cola, Coca Light, Fanta et Sprite produites par l'usine de Dunkerque (nord) --malgré l'absence d'anomalies détectées au cours d'une première série de tests-- a laissé planer le doute sur les renseignements fournis par le groupe américain.

La production de l'usine de Dunkerque, premier site d'embouteillage de canettes du groupe en Europe, a repris partiellement lundi après-midi à destination exclusive des Pays-Bas.

Un laboratoire de Bordeaux (sud-ouest) devrait remettre mardi au gouvernement une nouvelle série d'analyses.

"Il est exact que les canettes qui ont été analysées au laboratoire de Bordeaux et qui étaient destinées à la commercialisation en France, sont indemnes des polluants que nous cherchions", a précisé lundi la secrétaire d'Etat à la consommation Marylise Lebranchu.

"En revanche, sur les canettes qui ont été trouvées en Belgique, il y avait des traces infimes sur les parois des canettes d'un produit qui était dû à une réaction entre le désinfectant utilisé par les palettes et celui utilisé par les distributeurs automatiques", a-t-elle ajouté.

Mme Lebranchu a précisé qu'une réunion devait se tenir dans la soirée sur les résultats de bilans sanguins de personnes ayant eu des malaises pouvant être liés à la prise de boissons de la firme Coca-Cola.

Des inspecteurs de la Commission européenne effectueront des missions conjointes avec leurs collègues belges et français dans les installations de Coca-Cola de Dunkerque et d'Anvers, selon un porte-parole de la Commission.

Une dizaine de cas de personnes ayant souffert de troubles passagers en France après avoir bu du Coca-Cola en canette sont en cours d'analyse, selon le ministère français de la Santé. Ces personnes ont présenté dans l'ensemble un tableau clinique similaire.

Parmi les cas en cours d'investigation, celui d'une femme enceinte de sept mois et demi, qui a perdu son bébé, intrigue les services sanitaires. Il n'est cependant pas possible actuellement de conclure à l'existence d'un lien avec la boisson, selon la Direction de la Santé (DGS).

"La piste des palettes traitées au fongicide pour expliquer les troubles observés suscite la perplexité et le scepticisme", a indiqué la DGS. Les quantités minuscules détectées sur les canettes ne paraissent pas pouvoir expliquer les troubles.

"Le gouvernement doit avoir un principe de précaution, auquel nous souscrivons", a déclaré lundi à l'AFP le PDG de Coca-Cola France, Daniel Malcorps. "Il y a un doute qui subsiste dans l'esprit du ministre", a-t-il noté.

"Nous avons des certitudes pour dire que la boisson est hors de cause, nous n'écrivons pas ce genre de choses de manière légère", a souligné M. Malcorps à propos de la campagne de publicité lancée lundi par le groupe dans la presse quotidienne.

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