Le dossier Coca-Cola n'est pas refermé

Mercredi 23 Juin 1999

PARIS (AFP) - L'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) sur le dossier Coca-Cola, attendu mercredi soir, a été reporté à jeudi, alors que l'ouverture d'une information judiciaire à la suite de cas d'intoxication a semé la confusion.

Le gouvernement avait saisi mardi l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) avant de donner son feu vert à la commercialisation des boissons du groupe. "L'agence attend des compléments d'information pour rendre son avis jeudi", a indiqué l'AFSSA, mercredi soir, à l'issue d'une réunion d'experts commencée dans la matinée. Au cours de leur réunion, les experts ont auditionné durant trois heures des responsables de Coca-Cola.

Il s'agit notamment de vérifier s'il existe de nouveaux éléments d'analyses et si des toxiques ont été décelés, contrairement à toutes les analyses précédentes.

Le parquet de Dunkerque a ouvert une information judiciaire contre X à la suite de cas d'intoxication qui pourraient avoir été provoqués par des canettes de Coca-Cola fabriquées par l'usine de Dunkerque, a-t-on appris de source judiciaire.

"Les seuls faits établis sont la contamination vraisemblable de personnes ayant consommé des produits sortant de l'usine Coca-Cola de Dunkerque", a indiqué à l'AFP François Muguet, procureur de la République de Dunkerque.

L'information judiciaire, ouverte lundi, porte sur les motifs "d'atteintes involontaires à l'intégrité de la personne, manquement délibéré à une obligation de prudence sans interruption temporaire de travail, administration de substances nuisibles ayant porté atteinte à l'intégrité d'autrui, et tromperie sur les qualités substantielles de la marchandise et les risques inhérents d'utilisation d'une marchandise ou d'un service".

Cette information a été décidée sur la base d'un rapport de la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).

L'information est distincte de "l'enquête judiciaire" évoquée mardi par le secrétaire d'Etat à la Santé, Bernard Kouchner, à la suite du décès in utero d'un bébé dans le Nord, a-t-on précisé de même source. M. Kouchner avait alors dit qu'aucune relation n'avait été trouvée entre cette mort in utero et l'absorption de Coca-Cola.

La secrétaire d'Etat à la Consommation Marylise Lebranchu a indiqué mercredi qu'elle avait demandé à la garde des Sceaux Elizabeth Guigou si elle pouvait avoir "des éléments sur la procédure judiciaire" en cours sur le dossier Coca-Cola. "Je ne sais pas sur quoi porte l'information judiciaire", a-t-elle reconnu.

Le groupe Coca-Cola affichait la même perplexité en fin de journée, indiquant "ne pas être au courant" de cette nouvelle péripétie. "Les raticides ont été écartés" par les analyses réalisées, a souligné un porte-parole du groupe. Il répondait à un article du Monde, daté de jeudi, suggérant qu'un rapport de la DGCCRF établissait que "des raticides auraient pu contaminer des cannettes fabriquées par l'usine de Dunkerque".

"Nous savions quels raticides l'usine de Dunkerque utilisait. Nous avons cherché si ces produits étaient présents dans la boisson ou en trace sur les canettes. Nous n'en avons pas trouvé", a confirmé la secrétaire d'Etat à la Consommation.

Depuis une semaine, le gouvernement recommande aux distributeurs de ne pas commercialiser les canettes de Coca-Cola, Coca-Cola Light, Fanta et Sprite fabriquées à l'usine de Dunkerque (Nord), qui alimente 80% du marché français. Mardi, la secrétaire d'Etat avait indiqué avoir "l'intime conviction" que la sortie de crise était très proche.

Pendant ce temps en Belgique, le ministre de la Santé publique, Luc Van den Bossche, a annoncé mercredi que la production des unités belges de Coca-Cola de Wilrijk et de Gand allait reprendre pour tous les produits de la gamme.

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