Coca-Cola: la France allège son dispositif de précaution

Jeudi 17 Juin 1999

PARIS (AFP) - La France a allégé jeudi son dispositif de précaution entourant les canettes de quatre marques de Coca-Cola, en soulignant que la lenteur de l'entreprise à lui fournir des renseignements l'avait conduite à prendre des mesures larges.

Dans la nuit de mardi à mercredi, Mme Marylise Lebranchu, secrétaire d'Etat à la Consommation, avait suspendu la commercialisation des 50 millions de canettes de Coca-Cola, Coca-Cola Light, Sprite et Fanta vendues en France, faute d'avoir obtenu des renseignements précis de la société sur les numéros des lots potentiellement contaminés.

Désormais la production de l'usine de Coca-Cola de Marseille peut à nouveau être commercialisée, a-t-elle indiqué, expliquant que la production de Marseille "ne peut pas être touchée par la même contamination" que celle observée sur des boissons destinées au marché belge et fabriquées à Dunkerque.

L'usine de Marseille, qui produit environ 30% des canettes du groupe en France, va pouvoir "fonctionner à plein régime pour fournir du Coca-Cola aux consommateurs", a indiqué à l'AFP un porte-parole de Coca-Cola France.

En revanche, les autorités françaises continuent à "recommander" aux distributeurs de ne pas commercialiser les canettes de ces quatre marques produites par l'usine de Dunkerque (Nord) et destinée au marché français.

Avant de remettre en vente les canettes de cette usine, il est préférable que les commerçants attendent les résultats des prélèvements réalisés par la DGCCRF (direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes) à Dunkerque dès le 11 juin, a souligné la secrétaire d'Etat. Ces résultats devraient être connus en fin de semaine.

Le danger d'une contamination des canettes en France est vraisemblablement "minime", a estimé jeudi Mme Lebranchu, qui entend néanmoins rester prudente tant que l'origine du problème n'aura pas été clairement établie.

Le consommateur soucieux de prendre le maximum de précautions devra donc chausser ses lunettes pour vérifier que la canette qu'on lui propose porte sur le fond la lettre M, signe que le breuvage vient de Marseille et non la lettre D, indiquant qu'il s'agit d'une production de Dunkerque.

Finalement seuls sont totalement interdits de vente en France les canettes de Coca-Cola, Coca-Cola Light, Fanta et Sprite produites à Dunkerque pour le marché belge mais susceptibles d'avoir été réintroduites en France. Une liste des lots concernés, qui se terminent par DL, DV, DW, DP et DX, figure dans un arrêté publié jeudi au Journal Officiel.

Le secrétariat d'Etat ne connaît pas la quantité de produits concernée par ces retraits mais pense qu'elle est "faible".

La société Coca-Cola France a été "un peu lente" à réagir au départ, a considéré la secrétaire d'Etat, en soulignant que la firme a mis 48 heures pour fournir à ses services la liste précise des lots de canettes suspectes.

"Il est vrai que l'entreprise n'avait pas un système de traçabilité qui lui permette de faire mieux", a souligné Mme Lebranchu.

La "leçon à tirer de ce qui n'est vraisemblablement pas une affaire de grande intoxication, c'est que chaque entreprise doit être capable dans l'avenir de répondre à nos sollicitations beaucoup plus rapidement", at-elle conclu.

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